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Un brin de poussière ne fait pas de mal !

 Un mensonge ne peut jamais être effacé. Même la vérité n'y suffit pas. [Paul Auster]

 

Au bonheur du matin | Marie Paul Armand

Ce fut à ce moment-là que je le vis. Il était seul, à l'écart, appuyé contre un pillier, les bras croisés. Nos regards se rencontrèrent, et ma vie bascula.
 
J'eus une sorte de vertige. En un instant, il n'y eut plus que nous deux. J'éprouvai l'impérieux désir d'aller vers lui, avec la certitude qu'il n'attendait que moi.

Le Serpent qui Danse | Baudelaire

Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau!

Sur ta chevelure profonde
Aux acres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêlent
L’or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon coeur!

In Memoriam

On ne sent point qu'on est menteur quand on a l'habitude de l'être. Marivaux

Cet Amour | Jacques Prévert

Cet amour 
Si violent 
Si fragile 
Si tendre 
Si désespéré 
Cet amour 
Beau comme le jour 
Et mauvais comme le temps 
Quand le temps est mauvais 
Cet amour si vrai 
Cet amour si beau 
Si heureux 
Si joyeux 
Et si dérisoire 
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir 
Et si sûr de lui 
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit 
Cet amour qui faisait peur aux autres 
Qui les faisait parler 
Qui les faisait blémir 
Cet amour guetté 
Parce que nous le guettions 
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié 
Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié 
Cet amour tout entier 
Si vivant encore 
Et tout ensoleillé 
C'est le tien 
C'est le mien 
Celui qui a été 
Cette chose toujours nouvelles 
Et qui n'a pas changé 
Aussi vraie qu'une plante 
Aussi tremblante qu'un oiseau 
Aussi chaude aussi vivante que l'été 
Nous pouvons tous les deux 
Aller et revenir 
Nous pouvons oublier 
Et puis nous rendormir 
Nous réveiller souffrir vieillir 
Nous endormir encore 
Rêver à la mort 
Nous éveiller sourire et rire 
Et rajeunir 
Notre amour reste là 
Têtu comme une bourrique 
Vivant comme le désir 
Cruel comme la mémoire 
Bête comme les regrets 
Tendre comme le souvenir 
Froid comme le marbre 
Beau comme le jour 
Fragile comme un enfant 
Il nous regarde en souriant 
Et il nous parle sans rien dire 
Et moi j'écoute en tremblant 
Et je crie 
Je crie pour toi 
Je crie pour moi 
Je te supplie 
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s'aiment 
Et qui se sont aimés 
Oui je lui crie 
Pour toi pour moi et pour tous les autres 
Que je ne connais pas 
Reste là 
Là où tu es 
Là où tu étais autrefois 
Reste là 
Ne bouge pas 
Ne t'en va pas 
Nous qui sommes aimés 
Nous t'avons oublié 
Toi ne nous oublie pas 
Nous n'avions que toi sur la terre 
Ne nous laisse pas devenir froids 
Beaucoup plus loin toujours 
Et n'importe où 
Donne-nous signe de vie 
Beaucoup plus tard au coin d'un bois 
Dans la forêt de la mémoire 
Surgis soudain 
Tends-nous la main 
Et sauve-nous.

C'est la vie

On ne met rien dans son coeur ; on y prend ce qu'on y trouve.

 

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

 

Fables

Chacun se dit ami ; mais fol qui s'y repose :
Rien n'est plus commun que ce nom,
Rien n'est plus rare que la chose.

Parole de Socrate, Livre IV,  17

Deux vrais amis vivaient au Monomotapa :
L'un ne possédait rien qui n'appartînt à l'autre :
Les amis de ce pays-là
Valent bien dit-on ceux du nôtre.
Une nuit que chacun s'occupait au sommeil,
Et mettait à profit l'absence du Soleil,
Un de nos deux Amis sort du lit en alarme :
Il court chez son intime, éveille les valets :
Morphée avait touché le seuil de ce palais.
L'Ami couché s'étonne, il prend sa bourse, il s'arme ;
Vient trouver l'autre, et dit : Il vous arrive peu
De courir quand on dort ; vous me paraissiez homme
A mieux user du temps destiné pour le somme :
N'auriez-vous point perdu tout votre argent au jeu ?
En voici. S'il vous est venu quelque querelle,
J'ai mon épée, allons. Vous ennuyez-vous point
De coucher toujours seul ? Une esclave assez belle
Etait à mes côtés : voulez-vous qu'on l'appelle ?
- Non, dit l'ami, ce n'est ni l'un ni l'autre point :
Je vous rends grâce de ce zèle.
Vous m'êtes en dormant un peu triste apparu ;
J'ai craint qu'il ne fût vrai, je suis vite accouru.
Ce maudit songe en est la cause.
Qui d'eux aimait le mieux, que t'en semble, Lecteur ?
Cette difficulté vaut bien qu'on la propose.
Qu'un ami véritable est une douce chose.
Il cherche vos besoins au fond de votre coeur ;
Il vous épargne la pudeur
De les lui découvrir vous-même.
Un songe, un rien, tout lui fait peur
Quand il s'agit de ce qu'il aime.

Les deux Amis,  Livre VIII, fable 11

Jean de La Fontaine

You're wrong

Should've listened when you said I'd miss you
Should've listened but I could not hear
You said I'd want you back
I said not a chance
Now I can see I was so blind

You're right I was wrong
To ever leave you
I made a mistake
I'm sorry now
You're right I was wrong
To ever let you go
Now I know, now I know
You're right I was wrong

Couldn't see it when I had you with me
Couldn't see that I had everything
And now I see it clear
And you're not here
You said someday I'd change my mind

You're right I was wrong
To ever leave you
I made a mistake
I'm sorry now
You're right I was wrong
To ever let you go
Now I know, now I know
You're right I was wrong

If I could have one more chance to hold you
I would keep you here in my arms
And never let you go
Because now I know

You're right I was wrong
To ever leave you
I made a mistake
I'm sorry now
You're right I was wrong
To ever let you go
Now I know, baby now I know
You're right I was wrong

Your're right I was wrong - Meat Loaf


Hélène de Champlain

Je regrette le premier instant où j’ai posé les yeux sur lui. Je regrette qu’il m’obsède depuis cette maudite rencontre. Je hais le moindre de mes souvenirs : son odeur, son sourire, sa tendresse ! Je hais ses taquineries, ses baisers, la force de ses bras, sa voix profonde et enivrante et ses éclats de rire. Je voudrais qu’il n’ait jamais existé.

 

Vous n’avez qu’à me regarder et je tremble, me toucher et je perds la raison. Vous n’avez qu’à demander et j’accours, me repousser et je pars. Je vous hais de toute mon âme ! Vous m’avez totalement ensorcelée.

 

Hèlène de Champlain - Nicole Fyfe-Martel

Last Chance

But don't let him go
Just give him a chance to grow
Take it easy, take it slow
And don't let him go

He makes you so angry
He makes you so sore
The weight may be worth it
But how can you wait anymore
When you're wonderin what you're waitin' for
Baby I don't know

But don't let him go
He just needs a chance to grow
Take it easy, take it slow
And don't let him go
Don't let him go
 
REO Speedwagon

My Cocain

Will you still recall my name
And the month it all began
Will you release me with a kiss
 
And I called your name
My cocain
 
Narcotic - Liquido
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Come on now try and understand
The way I feel when I'm in your hands
Take my hand come undercover
They can't hurt you now
 
Because The Night - Patti Smith

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Run away with my heart
Run away with my hope
Run away with my love

Wherever You Will Go - The Calling